READING THE VIOLENT LANDSCAPE: AGROBIODIVERSITY AND MAKING A LIFE IN THE DR CONGO-UGANDA BORDERLANDS
This dissertation investigates how and why people maintain perennial crops amidst protracted agrarian violence, increasingly variable weather patterns driven by global climate change, and the complex histories underpinning each of these dynamics that condition peoples’ experiences and responses. I ground this study on the western slopes of the Rwenzori Mountains that transect the eastern Democratic Republic of the Congo and western Uganda. This borderland region allows for insights into the culturally and historically embedded political work of the everyday, the 'making of a life' amidst precarity, and the ecological transformations that result from these emplaced relationships. Using ethnographic, participatory, and ecological methods, this research demonstrates how, in the longue durée, people’s lives on the land – their everyday decision-making in pursuit of building a good life – contributes to the unfolding of social, political, and environmental transformations toward perennial cropping systems. Reading the landscape, and the everyday responses to deep and ongoing histories of agrarian violence and uncertainty casts light on how the locus of power is shifted from being not only in the hands of the authorities to whom it seems impossible to appeal or sway, but also in the agency of the collective. First, I contribute to debates on borderlands and conflict studies by charting an environmental history of the eastern DRC-western Uganda borderland region to show that its contemporary contexts of precarity and insecurity are rooted in long-term socioenvironmental and political transformations. Second, I bring scholarship on the political ecology of memory into conversation with crop ecology to show how people’s political responses in cropping systems are shaped by memory, materiality, and sociocultural context. Third, I interrogate how and why people on the Rwenzori front maintain different diversification approaches in their agroforestry systems. I draw upon agrobiodiversity, ethnoecology, agroecology, and participatory ecological methods to develop community and farm-scale typologies that highlight implications of diversification for resilience to violent conflict, food insecurity, and ecosystem service multifunctionality. Fourth, I contribute to critical climate scholarship and conflict studies by attending to people’s ways of enacting a good life amidst compounding agrarian terrorism and increasingly damaging weather extremes. Finally, in my conclusion, I offer some recommendations for application of these results and future research.
Cette thèse étudie comment et pourquoi les populations maintiennent des cultures pérennes au milieu d’une violence rurale prolongée, de conditions météorologiques de plus en plus variables et des expériences et réponses des populations à ces dynamiques historiques complexes. L’étude est fondée sur les pentes occidentales des monts Rwenzori qui traversent l’est de la République Démocratique du Congo et l’ouest de l’Ouganda. Cette région frontalière permet de mieux comprendre le travail politique ancré culturellement et historiquement dans le quotidien, la « recherche de la vie » (kutafuta maisha) au milieu de la précarité et les transformations écologiques. En utilisant des méthodes ethnographiques, participatives et écologiques, cette recherche démontre comment, dans la longue durée, la vie des populations sur la terre – leurs prises de décision quotidiennes en quête d’une bonne vie – contribuent au déploiement de transformations sociales, politiques et environnementales vers des systèmes de culture pérenne. La lecture du paysage et des réponses quotidiennes aux histoires profondes et continues de violence et d’incertitude agraires met en lumière la manière dont le lieu du pouvoir est déplacé non seulement entre les mains des autorités, auxquelles il semble impossible de faire appel ou d’influencer, mais aussi dans l’action du collectif. Tout d’abord, la thèse contribue aux débats sur les études de conflits en zones frontalières en retraçant l’histoire environnementale de la région frontalière de l’est de la RDC et de l’ouest de l’Ouganda pour montrer que ses contextes contemporains de précarité et d’insécurité sont enracinés dans des transformations socio-environnementales et politiques à long terme. Deuxièmement, l’argument associe les études sur l’écologie politique de la mémoire agraire à l’écologie des cultures agricoles pour montrer comment les réponses politiques des populations aux systèmes de culture sont façonnées par la mémoire, la matérialité et le contexte socioculturel. Troisièmement, j’interroge comment et pourquoi les populations du front de Rwenzori maintiennent différentes approches de diversification dans leurs systèmes agroforestiers. Je m’appuie sur l’agrobiodiversité, l’ethnoécologie, l’agroécologie et les méthodes écologiques participatives pour développer des typologies à l’échelle de la communauté et de l’exploitation agricole pour mettre en évidence les implications de la diversification pour la résilience aux conflits violents, l’insécurité alimentaire et la multifonctionnalité des services écosystémiques. Quatrièmement, je contribue à la recherche critique sur le climat et aux études sur les conflits en m’intéressant aux façons dont les gens cherchent à maintenir une vie durable dans un contexte de terrorisme agraire et crises climatiques croissantes. Enfin, dans ma conclusion, je propose quelques recommandations pour l’application de ces résultats et les recherches futures.